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LES STATISTIQUES AGRICOLES AU BURKINA FASO

La statistique agricole pour un pays peut être définie comme l'ensemble des données numériques sur les différentes branches de l'agriculture, au sens large, et de son économie. Dans une telle acceptation, elle inclut la production végétale, l’élevage, la pêche et la sylviculture. Le champ des statistiques agricoles apparaît donc bien vaste et les séries numériques qui peuvent être établies dans ce domaine sont très diverses. Toutefois, ces données peuvent se classer en deux groupes fondamentaux :

  • Les statistiques de base ou de structure, qui sont celles qui correspondent aux caractéristiques dont la variation inter annuel sont faibles et qui reflète la structure de l'économie agricole du pays ou de la région. De ce fait, l'on peut se limiter à ne les collecter qu'à des intervalles réguliers, par exemple tous les dix ans à l'occasion des recensements décanaux de l'agriculture (jamais réalisé au Burkina Faso) et à travers des enquêtes tous les cinq ans (la dernière en date pour le Burkina Faso date déjà de 1993). Rentrent dans ce groupe : l'utilisation des terres, le nombre d'exploitations et leur superficie totale, la population agricole, le matérielle et l'outillages agricoles, les installations fixes, … etc.


  • Les statistiques agricoles courantes, qui sont celles qui correspondent aux caractéristiques dont les variations annuelles sont assez rapides. Il s'agit donc de données conjoncturelles. Elles correspondent aux activités agricoles qui s'exercent de façon plus ou moins permanentes et qui se répètent chaque année : la superficie emblavée, la production, les quantités d'engrais utilisées, les rendements. La collecte des statistiques courantes s'effectue annuellement et même quelque fois plus fréquemment ; notamment pour les caractéristiques sujettes à des variations saisonnières comme les prix.

La part du secteur agricole dans l'économie du Burkina Faso est importante (45% du PIB) et le pourcentage de la population vivant de l'agriculture est encore plus élevée. Au Burkina Faso, on a jusqu’ici collecté des données sur l'agriculture pour répondre aux besoins de développement liés à l’utilisation des terres et à la production agricole dans le cadre de la sécurité alimentaire. Toute fois, comme l’agriculture est la principale source d'emploi et de moyen d’existence de la majorité de la population, l’attention des planificateurs du développement agricoles s’est déplacée au fil des ans de telle manière que les besoins de données se rapportent non seulement aux problèmes concernant les exploitations agricoles et la production agricole, mais aussi aux problèmes relatifs au bien être des populations vivant de l’agriculture (par exemple revenu, santé, nutrition, …etc.) ainsi que la sécurité alimentaire de la population de la population dans son ensemble. Les planificateurs de l’agriculture visent également à améliorer la production dans le cadre du développement durable. Dans ce contexte, ils sont intéressés à des données se rapportant à l’épuisement des ressources naturelles (en terre) et à l’impact sur l’environnement.

Les données numériques sur l’agriculture servent à diverses catégories d’utilisateurs d’un pays. Au Burkina Faso, ce sont surtout :

  1. les services publics qui ont besoin de ces renseignements pour :

    • formuler des programmes de développement
    • formuler et une stratégie de suivi évaluation des projets et programmes
    • formuler des politiques de sécurité alimentaire
    • formuler des politiques de commerce extérieur
    • formuler des politiques adéquates de réformes agraires
    • élaborer des comptes nationaux, …etc.

  2. le secteur privé qui ne semble pas être un grand utilisateur des statistiques agricoles. Néanmoins, certains grands producteurs agricoles s’intéressent aux statistiques agricoles. Les prévisions et les estimations de la production de la campagne, ainsi que les statistiques sur les prix des produits agricoles les intéressent pour se placer au mieux sur le marché. D’autres parts, quelques entreprises privées et les milieux d’affaires s’intéressent aussi à certaines données notamment aux statistiques sur l’utilisation du matériel et des machines agricoles, des engrais, des pesticides, des aliments de bétail, etc.
  3. A titre d’exemple, les statistiques agricoles ont contribuées à plusieurs travaux dont :

    • annuellement à l’élaboration du bilan céréalier national dans le cadre de la sécurité alimentaire à l’attention du gouvernement et aux organismes partenaires comme le CILSS, la FAO, le PAM, le Cathwell, …etc.
    • l'élaboration des comptes nationaux par l'INSD
    • la mise au point de la politique monétaire par la BCEAO
    • la prévision du crédit par les institutions financières

    Les statistiques agricoles ont également permis :

    • la mise au point de la stratégie nationale sur la mécanisation agricole (étude FAO & Direction Nationale de la Mécanisation Agricole)
    • La formulation de la politique nationale sur la fertilité des sols ( Unité de Gestion sur la fertilité des Sols) dans le ciblage des zones d’intervention du Programme Piote Burkina Phosphate.
    • Le Projet Irrigation Privée et AgroProcessing/Banque Mondiale dans l'élaboration de sa stratégie d'intervention dans le secteur de l'irrigation privé.
    • Le Projet Appui aux éleveurs Producteurs de lait de Bobo-Dioulasso/Service néerlandais des Volontaires dans la formulation d’une politique d’intervention
    • Le projet CES/AGF pour le diagnostic de la problématique de la conservation des eaux et des sols.
    • La formulation du Programme National de secours Urgence par le Ministère de l’Action Social
    • La réalisation de plusieurs études dont la dernière en date est le Plan Stratégique Opérationnel (PSO) par le gouvernement
    • La réalisation d’un modèle intégré pour la prévision du secteur agricole (IAPagro) par le PASA.
    • La réalisation de la Base de Données sur les Localités du Burkina (BDLB) par le PNGT, …etc.

En plus de l’utilisation des statistiques agricoles par les structures de l’Etat et les ONG, il faut mentionner les utilisations des données dans le cadre de la recherche. Ainsi peut-on citer :

  • l’Université de Ouagadougou, Le Centre Régional Agrymeth (Niamey Niger),
  • l’Université de Groningen (Pays Bas), l’Institut de Surveillance aérienne (ITC ) des Pays Bas
  • l'Université Libre de Bruxelles (Belgique), le CIRAD (France)
  • l'INERA (Burkina Faso), Le CNRST (Burkina Faso), L'Université d’Amsterdam (Pays Bas)
  • Le SAFGRAD, L'Université de Sorbonne (Paris France), RRBowker (Etats Unis), ...etc.

Le Directeur Général des Prévisions et des Statistiques Agricoles

Mahama ZOUNGRANA

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